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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 17:48

Nous sommes le vendredi 3 septembre 2010, Baudoin Lismonde m'informe du désiphonage du passage clé dans le labyrinthe.Il me guide auusitôt dans le passage du Chiron's way, ce petit méandre qui livre l'accès à un des beaux réseaux du Vercors.


Mais quel objectif plonger (le bêta ou l'alpha)? Après concertation avec François, on décide de plonger à deux et d'opter
sur le siphon qui pourrait potentiellemnt sortir... soit le bêta. Manu Tessanna mon camarade d'exploration me propose de venir nous donner un coup de mainnpost-siphon. J'accepte avec joie; C'est plus sympathique de partager les explorations. Nous mobilisons nos collègues de la Drôme et de l'Isère pour nous prêter main forte.
Le samedi l'ami Laurent Garnier accompagné de quelques gaillards déposent quatres bouteilles de 10 litres gonflées à 300 bars.Le rendez-vous est programmé pour le landemain à 7h00 du matin. Le but est de partir de bonne heure, de manière à garder une marge d'exploration sur la météo qui doit se gâter les prochains jours. Neufs spéléos nous ont accompagnés pour amener er surtoutsortir les kits.
Les galeris derrière le passage clef, sont à couper le souffle. La salle des Centaures est impressionnante. Il y a là en bas à droite une vasque d'un siphon qui est trés certainement une sortie qui peut communiquer avec le siphon de l'aiguille du Métro. Un lieu à plonger une prochaibne fois, de manière à accéder dans ce réseau plus souvent et pour permettre à des plongeurs de pouvoir contacter des spéléos qui pourraient être bloqués par la crue.
Deux heures de progression et nous arrivons devant notre Graal... Le siphon Bêta. Il est magnifique. L'eau est d'un vert
Céladon...Les préparatifs se déroulent sous les yeux de nos collègues. Nous ne sommes pas trés communicatifs, concentration oblige...Comme à l'habitude je suis prêt le premier, sûrement l'impatience de me trouver sous l'eau. Je suis dans mon élément.
Je déroule un premier dévidoir conditionné de 140 mètres de fil. Cela suffira pour S1. La visibilité est supérieure à 20 mètres.
Le conduit noyé mesure 5X6 mètres, de nombreux coups de gouje sur tout le fond et les bords témoignenet de sa mise en charge.Au plafond, la roche est noire et sombre, quelques traces de fil nylon témoignent du passage d'un plongeur dans ces lieux. C'est celui de Frédéric Poggia.J'aperçois Manu qui me rejoint quatre minutes après mon départ. Il est suivi derrière de François. Je suis à - 9 mètres après
90 mètres de fil tiré à l'issu d'un passage à -16 mètres. C'est bizzare ça ne sort pas! Je poursuis un peu surpris jusqu'à la fin du bobinot. Je raccorde un second dévidoire avec 120 mètres de fil. Je pense que l'on sortira plus loin? Tout en dévidant le fil d'Ariane, je me dis: j'espère ne pas être dans le siphon Alpha? 9a deviendra une boulette, l'autonomie en air sera juste!

 

 

 Images: Marlène Garnier et David Bianzani

  Montage: Marlène Garnier

 


Cinquante mètres plus loin, nous sommes à -19 mètres pour une distance de 180 mètres. Décidément je n'y comprend plus rien. Manu doit faire demi-tour malgré sa progression au plafond cinq mètres au-dessus de nous. Son autonomie avec le bi 4 litres est juste.
Arrivésà la fin du touret, nous sommes à -20 mètres, la galerie devient énorme 10 à 12 mètres de hauteur pour une largeur de 10 à 15 mètres. La roche est toujours aussi noire, seule les coups de gouge en bas, sont clairs.
Nous employons maintenant le dévidoir qui était prévu pour le S2. Il est équipé de 450 mètres de fil...nous trouvons par
endroits du fil d'époque, c'est du fil de clôture accessoire préféré de Jean-Louis Camu. Pas de doute nous sommes bien dans le siphon Bêta. Nous prenons soins de nous écarter le plus possible de ce piège à plongeur.
Arrivés à 350 mètres du départ, je découvre l'amarrage final, tiens le terminus déjà, comment est-ce possible...je poursuis, un peu dubitatif par cette découverte. Dix mètres plus loin, je ne distingue plus le plafond. Je décide de remonter. Je suis à -24 mètres. Je remonte dans ce que je qualifierai d'une cheminée. Je déroule une dizaine de mètres de fil. Je ne vois toujours pas la paroi, par contre une petite pluie de sédiments tombe au-dessus de moi.
J'interromps mon ascension et redescends. Ce n'est pas l'objectif fixé avec François. Je reprends la progression dans la grande galerie. Quel surprise! 10 mètres plus loin, nous sommes devant un laminoir dont la hauteur n'excède pas les 1,20 mètres et la largeur 2,5 mètres. Je scrute avec mes phares tout autour, rien, la suite est devant. Je regarde mon timing, 26 minutes de plongée viennent de s'écouler. François jette un oeil sur la suite. Il aperçoit un ressaut avec la galerie qui plonge dans le même profil que le laminoir. Nous sommes à -26 mètres; Je décide de garder une marge en autonomie pour faire la topographie. 2è visées topo seront réalisées. Aprés 70 minutes d'immersion dans une à 7°c nous faisons surface. Aprés concertation avec Serge Caillault arrivé pour quelque cliché des chauve-souris
batraciennes (spéléo-plongeur), le niveau d'eau est plus haut qu'en 2003 ce qui explique la non-présence du réseau post-siphon.
Pour ce qui est des distances nous mettrons ça sur l'excès d'optimisme ou peu être une erreur d'accumulation de longueur des premiers explorateurs. Le bila finale est de 2à mètres de galerie découverte, et surtout et c'est là le plus intérressant 370 mètres de topographie,une vidéo complète de la plongée.
Cette exploration marque le début d'un grand projet d'investissement sur cette cavité avec des plongées futures de toutes les zones noyées
de ce réseau afin d'en établir une cartographie complète.

 

Plongeurs: François Tourtelier (GECKOS), David Bianzani (GECKOS), Manu Tessanne (GUCEM)

 

Spéléos présents:

GSV: Laurent, Marlène et Olivier Garnier, Rémy, Alain Soubirane, Christian Nodot, Patrick Brachet.
GECKOS: Damien Locatelli, Jean-Luc Leblanc dit"Emilio", Alexis Lemaitre, Alexandre Lefevre,  Hervé Dhollande, François et régine Landry, Françoise Magnan, Mickael Black, Béatrice Gazeau.

SGCAF: Baudoin Lismonde, Christophe Arnoult.
FLT: Guy Ferrando.

Serge Caillault pour les photos.

Extérieur: Mickael Chauvin, Mickael Berthier.

Frédo Poggia pour les infos et Jean-louis Camus qui m'a incité à poursuivre cette exploration.

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Published by geckos.plongeurs.speleo.over-blog.com - dans Explorations
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